fren

Petit guide de survie dans la jungle du capital-risque

Quand on parle de startup, on parle souvent d’investisseurs et de levée de fonds. Chez Padam, nous sommes ainsi passés par cette étape l’été 2015 en bouclant une première levée de 500 000€ auprès du groupe setec. Mais au fait, d’où vient cet argent qui permet aux startups de se développer ? Petit tour d’horizon de la jungle du Capital-Risque, que parcourt au quotidien l’aventurier-entrepreneur.

Le banquier

Dans l’imaginaire collectif, la première personne vers qui l’entrepreneur se tourne pour obtenir les fonds nécessaires à son projet est le banquier. En réalité, celui-ci ne fait pas du tout partie des animaux de la jungle ! Couramment, une banque peut en effet prêter à une entreprise environ trois fois sa capacité d’auto-financement de l’année précédente. En clair, la banque prête à des entreprises dégageant déjà des marges afin de l’aider à croître. Elle peut en revanche financer des projets plus classiques, comme aider à reprendre un fonds de commerce (boulangerie, boutique, salle de sport), pour deux raisons : d’une part le modèle d’affaire est connu et jugé moins risqué, d’autre part il y a un actif (le fonds de commerce) que la banque peut récupérer si le projet ne fonctionne pas.

Love Money

Le plus souvent, les fondateurs d’une startup n’ont qu’une seule option au démarrage, se tourner vers leurs connaissances. En langage Silicon Valley, on dit volontiers « Fools, Friends and Family » : les fous, les amis et la famille. Pourquoi ? Parce qu’à ce stade, il n’y a généralement aucune raison rationnelle de penser qu’investir sur votre projet est une bonne idée. Les quelques 5 000 € à 100 000€ dégotés doivent permettre aux entrepreneurs de faire leurs preuves.

venture1

A noter qu’en France, à ce stade, les nombreuses subventions publiques permettent à une bonne proportion d’entrepreneurs de sauter cette étape. Mais attention, obtenir de telles subventions peut se révéler très chronophage, aléatoire, et ne finance souvent que de la Recherche et Développement.

Les Business Angels : des pépites et des ailes ?

Son prototype, sa preuve de concept, ses premiers clients en poche, les fondateurs cherchent de nouveaux fonds pour faire connaître leur produit et développer leurs ventes. Entre 200 000€ et 500 000€ permettraient de franchir ces nouvelles étapes avant la concurrence. L’entrepreneur rencontre alors de nouveaux animaux, les Business Angels.

Malgré leur nom, ces animaux n’ont pas d’aile et ne sont pas là pour subventionner tous les projets le cœur sur la main. Il s’agit tout simplement de particuliers souhaitant investir une partie de leurs économies dans des startups. Cela leur donne notamment droit à des réductions d’impôt, entre autre l’ISF. Distinguons deux grandes espèces :

Beaucoup de Business Angels sont organisés en réseaux. Individuellement, ils investissent en moyenne 10 000€ à 20 000€. L’entrepreneur présente donc son projet à une communauté d’une centaine de personnes, avec l’objectif d’en convaincre une trentaine de le soutenir. Il faut comprendre que ce sont des particuliers, ayant construit un certain capital lors de leur carrière. Ils ne sont pas forcément multimillionnaires, investissent une à deux fois par an et ne souhaitent donc pas perdre leur mise.

D’autres Business Angels ont la capacité et préfèrent investir directement dans des projets. Entrepreneurs reconnus, experts du numérique, ayant eux-mêmes monté et revendu une entreprise, ils ont les ressources pour investir 50 000€, 100 000€ voire plus sur une équipe et l’expertise pour les accompagner. Si l’entrepreneur convainc M. Niel (Free), M. Simoncini ou M. Granjon (vente-privee) que son projet peut aller loin, le tour est joué.

Vous êtes parvenus jusqu’ici ? Bravo. Vous avez passé le cap de l’amorçage, le « seed round ».

160h

Veni, vidi, VC

Le projet est devenu entreprise, les premiers clients sont conquis et fidélisés, le produit est le meilleur du marché, c’est le moment d’accélérer. Encore. Les fondateurs ont revu leur Business Plan et concluent qu’il faut trois fois plus de ressources que prévues pour obtenir les 5% de parts de marché visés. Qu’importe, cela vaut toujours le coup, mais c’est maintenant 1 à 2 millions d’euros qu’il faut investir, lors d’une levée de fonds « Early Stage » ou « Série A ». Cela exige des professionnels de l’investissement, au doux nom de Venture Capitalists, ou VC (à prononcer à l’anglaise « vici » de préférence). Le métier des VC est simple : un fonds leur est confié, c’est-à-dire une certaine somme d’argent, par exemple de quelques dizaines à quelques centaines de millions d’euro, par des entreprises, des particuliers, ou encore d’autres fonds. Ils analysent en permanence les startups et choisissent les projets d’investissement que les entrepreneurs leur soumettent. C’est un vrai entonnoir : les analystes des fonds reçoivent plusieurs centaines de projet par an, rencontrent quelques dizaines d’entrepreneurs et n’investissent pas plus d’une dizaine de fois (cela dépend des fonds bien sûr).

En tant que professionnels de l’investissement, les VC agissent de manière très différente des Business Angels. S’ils investissent dans dix startups, leur objectif est que l’une d’entre elle au moins devienne un BlaBlaCar, un Criteo ou un Sigfox. Sur cet investissement, il multipliera sa mise par dix, vingt ou plus, ce qui rentabilise l’ensemble des investissements. Par comparaison, le Business Angel souhaite plus souvent que les deux ou trois startups dans lesquelles il a investi aient tous une chance raisonnable de survivre pour ne pas perdre sa mise.

A partir de là, en fonction de la taille du marché, le rythme de la croissance de l’entreprise, de nouvelles levées de fonds peuvent être nécessaires, « Série B », « Série C », etc. jusqu’à ce que mort, rachat ou entrée en bourse s’ensuive. A ce moment-là vous pouvez sortir de la jungle (du capital-risque) et aller voir les banquiers. Rassurez-vous, vous ne serez plus tout seuls et vous n’aurez plus le temps de lire des articles de blog.

seed-funding-2

La jungle et le Cac40

Ce panorama sylvicole ne serait pas complet sans parler des entreprises. En effet, si les particuliers ou les banques ont de l’argent à investir, c’est aussi le cas des grandes entreprises. Celles-ci ont de très forts potentiels d’investissement, et peuvent voir dans le capital-risque un placement financier comme une opportunité de diversification. Ces dernières années, l’activité des entreprises dans le capital-risque a beaucoup augmenté. Tout d’abord, elles confient des fonds aux VC, ou bien créent leurs propres fonds de capital-risque : Iris Capital (Orange et Publicis), Total Energy Ventures (Total), Ecomobilité Ventures (SNCF, Total, Michelin, Air Liquide, Orange), Axa Seed, Aster (Scheider, Solvay, Alstom). Quelques fois, ces fonds se rapprochent aussi du concept de Family Office, structure qui gère le patrimoine d’une famille fortunée, souvent en lien avec une entreprise (par exemple Hi-Inov, famille Dentressangle).

A plus petite échelle, des entreprises investissent directement dans des startups, sans passer par une structure extérieure. C’est le cas de notre startup Padam, qui a été soutenue directement par setec, groupe d’ingénierie qui compte 2 000 collaborateurs. Cette pratique est en progression, mais les grandes entreprises – et les startups – françaises abordent encore le sujet avec précaution. Lorsqu’une grande entreprise et une startup se rapprochent, c’est souvent parce qu’elles sont du même secteur. Or si la startup, dans son développement, se retrouve contrainte à ne commercer qu’avec son entreprise-investisseur et pas avec ses concurrents, cela peut la brider gravement dans son développement. Ainsi beaucoup de startups préfèrent finalement l’indépendance vis-à-vis des acteurs historiques de son marché. A noter qu’aux Etats-Unis, le mécanisme est plus décomplexé : Google, acteur incontournable de la mobilité, a soutenu Uber à hauteur de 250 millions de dollars, ce qui n’empêche pas Uber de développer des activités concurrentes (Uber a essayé de racheter la cartographie Nokia Here pour 3 milliards de dollars).

Les nouveau-nés

Le petit nouveau du capital-risque, c’est le financement participatif, ou crowdfunding. Le principe ? Financer un projet par une multitude de petits dons, prêts ou investissements. Après les premiers succès de Kickstarter (Etats-Unis) ou Kisskissbankbank, Ulule (France), de nombreux modèles existent maintenant, allant de la prévente d’un produit déjà conçu mais qui doit encore entrer en production (levée de 1,5 millions de dollars de Prynt sur Kickstarter), au prêt participatif (Lendopolis) en passant par l’investissement direct (SmartAngels, WiSeed). En fonction du profil du projet d’entreprise, cela peut se révéler aujourd’hui la meilleure solution pour passer le stade de l’amorçage.

crowdfunding

Croissance organique : les startups bio

On le répète souvent, monter une startup n’oblige en rien à lever des fonds ! De nombreuses entreprises financent leur développement tout simplement grâce à leurs clients, et c’est finalement la meilleure des manières, pour peu qu’on y parvienne. Au démarrage, lorsque le produit n’est pas encore vendable, certains disent qu’ils bootstrapent. Utiliser son expertise pour vendre du conseil, vivre quelques mois à l’aide des allocations chômage, participer à des concours de startup. L’entrepreneur Bio évite ainsi d’ouvrir son capital à des investisseurs et est certain de partir sur des bases financières saines. Mais attention à ne pas se disperser ou se faire doubler par des concurrents. Dans l’extrême inverse, la bulle internet en 1999 avait été caractérisée par la prolifération de startups dopées de financement sans le moindre chiffre d’affaire, le plus beau spécimen étant peut-être le site de e-commerce boo.com, valorisé 400 millions de dollars avant-même son ouverture, et qui a fait une faillite spectaculaire.

Ma jungle est plus grosse que la tienne

Si l’entrepreneuriat est si dynamique aux Etats-Unis, ce n’est pas parce que le coût du travail est plus faible (comptez minimum 100 000 dollars pour un ingénieur dans la Silicon Valley), mais parce l’investissement est beaucoup plus dynamique et les marchés visés beaucoup plus gros. C’est simple, en 2014, l’investissement total dans les startups en France s’élevait à 900 millions d’euros alors qu’il a atteint aux Etats-Unis… 48 milliards de dollars. Aux Etats-Unis les levées de plusieurs centaines de millions de dollar sont régulières, sans parler des tours à plus d’un milliard d’Uber. Notre champion tricolore Blablacar vient d’établir un record à 200 millions de dollars.

Loin de moi l’idée de faire du french bashing, mais apportons deux éléments d’explication qui permettront de comprendre en partie pourquoi des entrepreneurs français partent aux US :

Au stade de l’amorçage, les Etats-Unis comptent beaucoup plus de riches Business Angels, multimillionnaires, notamment des anciens entrepreneurs, qui investissent 500 000 dollars sur de jeunes pousses. Là où une startup française peut passer 6 mois à 1 an à chercher des subventions et à boucler un tour avec un réseau de Business Angels, la startup américaine met un mois à trouver un investisseur pour le même résultat.

Les fonds de VC américains sont beaucoup plus gros, et accompagnent les startups beaucoup plus loin avant leur entrée en bourse. Mais d’où vient tout cet argent ? Entre autre, il provient des fonds de pension : interdits en France, ces fonds gèrent l’épargne-retraite obligatoire des Américains, en gros l’équivalent de la sécurité sociale ! Ça c’est du libéralisme. Seulement 0,5% à 2% de ces fonds de pension sont investis dans des startups, mais ils sont tellement gros que cela représente tout de même la première source du capital risque (entre 20% et 25%). Et oui, c’est un autre monde 😉

Nous espérons que ce charmant tableau vous aidera à mieux comprendre l’univers du financement startup.

Si vous êtes entrepreneur, gardez en tête que :

Lever de l’argent permet de 1. Faire des choses que vous ne pourriez vraiment pas faire sans investissement, ou 2. Aller vraiment plus vite que sans investissement.

Faites-vous accompagner par un vieux singe.

Après tout c’est la jungle, tout peut arriver !

PGlmcmFtZSB3aWR0aD0iMTAwJSIgaGVpZ2h0PSIxMDAlIiBzcmM9Imh0dHBzOi8vd3d3LnlvdXR1YmUuY29tL2VtYmVkL2JJdFljSjdXN1M4P3JlbD0wIiBmcmFtZWJvcmRlcj0iMCIgYWxsb3dmdWxsc2NyZWVuPjwvaWZyYW1lPg==
[]
1 Step 1

D É M O N S T R A T I O N

Demandez une démonstration de 15 minutes du logiciel ou des outils de simulation.Veuillez décrire votre besoin ou votre projet, pour lesquels nous serions heureux de vous accompagner !

Nom
Entreprise
Téléphone
Message
0 /
Previous
Next
[]
1 Step 1

D E M O

Ask us for a 15 min demo of the software or simulation tools. Please describe your needs or project, we'll be more than happy to help you!

Name
Company
Phone number
Message
0 /
Previous
Next
PGlmcmFtZSB3aWR0aD0iNTQwIiBoZWlnaHQ9IjM2NyIgc3JjPSJodHRwczovL215LnNlbmRpbmJsdWUuY29tL3VzZXJzL3N1YnNjcmliZS9qc19pZC8yNDdhZS9pZC8xNyIgZnJhbWVib3JkZXI9IjAiIHNjcm9sbGluZz0iYXV0byIgYWxsb3dmdWxsc2NyZWVuIHN0eWxlPSJkaXNwbGF5OiBibG9jazttYXJnaW4tbGVmdDogYXV0bzttYXJnaW4tcmlnaHQ6IGF1dG87Ij48L2lmcmFtZT4=
PGlmcmFtZSB3aWR0aD0iNTQwIiBoZWlnaHQ9IjQ2NSIgc3JjPSJodHRwczovL215LnNlbmRpbmJsdWUuY29tL3VzZXJzL3N1YnNjcmliZS9qc19pZC8yNDdhZS9pZC8xOCIgZnJhbWVib3JkZXI9IjAiIHNjcm9sbGluZz0iYXV0byIgYWxsb3dmdWxsc2NyZWVuIHN0eWxlPSJkaXNwbGF5OiBibG9jazttYXJnaW4tbGVmdDogYXV0bzttYXJnaW4tcmlnaHQ6IGF1dG87Ij48L2lmcmFtZT4=